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Maleck Ch.1 — Prologue : In the beginning was the Word and the Word was God
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Chapitre 1
Prologue : In the beginning was the Word and the Word was God
2600 mots ~13 min 20 vues 07 Apr 2026

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu. Puis le Verbe se déforma, étouffé par les cris des hommes, et les cieux chutèrent. »
— Fragment des Chroniques Oubliées

Le ciel avait changé de couleur.
« Ils ne comprenaient pas encore que les pierres elles-mêmes se souvenaient du ciel brûlé. »
Autrefois, il était d'un bleu limpide, traversé par des nuées blanches que les enfants suivaient du regard en pointant les formes. Aujourd'hui, il était teinté de rouille, comme si le sang des batailles s'était levé jusqu'aux cieux. Et les hommes, jadis confiants et droits, marchaient à présent courbés, les yeux vers la terre, murmurant les noms oubliés des dieux.
Car les dieux étaient tombés.
Et tout commença avec un homme.
Pas un roi, pas un géant, pas un héros.
Un simple homme. Sen-Kema.
« Là où les vents s’étaient tus, l’éternité déposa un être que même les dieux ne virent venir. »
Ils disent aujourd'hui qu'il fut né dans le silence, le regard brillant d'une faim dévorante. Qu'il gravit les montagnes interdites et atteignit le Jardin Céleste, bravant la Garde Divine. Il n'avait ni épée, ni armure. Juste une volonté.
Et il vola le fruit interdit.
Le fruit du Savoir, du Pouvoir, du Destin.
Il le croqua. Et la lumière du monde chancela.

Le jugement fut rapide.
Les dieux le condamnèrent. Brisèrent son corps, le jetèrent dans les tréfonds de l'enfer, là où les cris sont étouffés par le magma.
Mais Sen-Kema ne mourut pas.
Il changât.
Sous la torture, il médita. Sous la haine, il forgea sa puissance. Et quand les portes des enfers cèdèrent, ce n'était plus un homme qui en sortit, mais un fléau.
Sen-Kema revint, entouré de larmes et de déchus, et déclara la guerre.
« Car même les étoiles oublient parfois qui les a allumées. »
Les dieux tombèrent. Les temples s'effondrèrent. Le Paradis éclata.
Ceux qui survécurent se cachèrent, lièrent leurs essences à des lignées humaines. Dès lors, les hôtes sacrés naquirent à travers les siècles. Certains portaient la puissance des anciens. D'autres pactisèrent dans le sang et les ruines.
Et puis... le Dôme.
Un voile immense, invisible aux yeux profanes, mais pesant sur chaque âme. Une barrière. Une prison. Les démons commencèrent à apparaître. Lentement d'abord. Puis en hordes.
Et les questions brisèrent les croyances :
— Où sont les dieux ?
— Que cache l'Église ?
Après la chute, la terre fut morcelée.
Lorsque le ciel se brisa et que le Paradis s’effondra en morceaux dans les plaines du monde mortel, l’équilibre ancien se volatilisa. La terre gémit, les éléments se déchaînèrent. Les océans se retirèrent, laissant place à des gouffres infinis. Les montagnes poussèrent comme des lames. Les forêts devinrent hostiles. Et le monde fut divisé.
Ainsi naquirent les Cinq Grandes Zones du Nouveau Monde, chacune imprégnée des séquelles de la chute divine.
Chacune fut un reflet tordu de ce que fut jadis l’harmonie.
À l’Ouest s’élève Zougrana Le Royaume des Dieux déchus et des Hommes élus
Là où le ciel est le plus clair, baigné d’un soleil constant et artificiel, s’étend Zougrana, la capitale sacrée.
Ce royaume glorieux fut construit sur les cendres du dernier autel intact, et l’on dit que ses pierres contiennent encore l’écho des anciens chants célestes.
Les temples y sont immenses, faits d’or pâle et de pierre blanche. Les nobles y vivent dans des hauteurs enivrantes, tandis que la plèbe ronge son pain noir dans les rues basses et oubliées.
La lumière y est omniprésente, presque oppressante. On s’y dit béni... mais on y cache ses peurs sous le faste.
Zougrana est le cœur de l’Église Nouvelle. Elle contrôle les rites, les bénédictions, et cache les vérités qui dérangent.
«On y croit à l’ordre... mais on y tue le silence dans les caves. »
Plus au nord, là où la lumière faiblissait et où le froid éternel dominait, s’étendaient les terres glacées de Tenbaya. Là-bas, les immortels veillaient en silence, gardiens d’un monde figé dans le temps.La Terre du Froid, sanctuaire des Immortels. Plus au nord que le regard ne peut porter, au-delà des montagnes gelées, se trouve Tenbaya.
Les terres y sont recouvertes de glaces éternelles, de cimes hurlantes et de plaines de givre silencieux.
Les anciens y murmurent l’existence d’êtres immortels, exilés volontaires ou survivants d’une époque disparue. Leur passage laisse le vent muet et la neige figée.
Personne n’entre à Tenbaya par hasard, et ceux qui s’y aventurent ne reviennent que rarement... et changés.
«Tenbaya n’a pas de gardiens. Tenbaya est son propre gardien. »
Au sud, la chaleur oppressante n’était qu’un prélude à la cruauté d’une nature vivante et vorace. Légbané, royaume des Sauvages, s’étendait, un territoire où la vie elle-même semblait vouloir dévorer l’âme des imprudents. La chaleur devient suffocante, mais ce ne sont pas les flammes qui tuent, c’est la vie elle-même.
Légbané, la terre sauvage, n’est pas une forêt : c’est un monstre vivant. Les arbres s’y déplacent, les racines piègent les âmes, et la faune... ne répond à aucune logique connue.
Un roi cruel y règne, que nul ne nomme à voix haute. Il ne s’agenouille devant personne, pas même devant les vestiges des dieux.
Son peuple est libre, mais au prix du sang.
Les étrangers qui pénètrent la jungle meurent avant le premier coucher de soleil...
s’ils ne sont pas dévorés avant.
«Ici, la nature n’est pas mère. Elle est maîtresse. Impitoyable. »
À l’Est s’étend Sah Tenga La Mer de Sable et de Secrets
D’un or brûlé à l’horizon, Sah Tenga est une mer de dunes mouvantes, de ruines oubliées et de secrets anciens ensevelis.
Le vent y parle. Il crie les noms d’anciens rois maudits, érode les statues tombées, et protège des temples disparus où reposent des vérités trop anciennes pour l’esprit humain.
C’est une terre d’exilés, de fugitifs, et de pèlerins en quête de mort. Le sable y cache plus de cadavres que de graines.
Certains parlent d’un œil colossal enfoui sous la plus grande dune, vestige d’un dieu que même Sen-Kema n’a pas réussi à tuer...
«Dans Sah Tenga, chaque pas est un pacte. Chaque souffle, un dernier mot. »
Et au centre : Yirga Le Carrefour de tout... et de rien
C’est là, au milieu des conflits, que se trouve la zone-frontière.
Yirga, appelée aussi la Terre des Exilés, borde toutes les autres. Elle est le dernier refuge, le dernier espoir, le dernier mensonge.
Ouda-Nere y établit son camp, et avec lui vinrent les bannis, les orphelins, les soldats sans guerre, les prophètes sans foi.
Yirga est divisée :
• Wêndzanga, la haute-ville, baigne encore dans la lumière divine, protégée par les anciens soldats du Paradis, guidée par Ouda lui-même.
• Koudpoka, la basse-ville, grouille de corruption contrôlée, gérée en silence par les anciens hommes de Sen-Kema, que nul ne soupçonne... sauf Ouda.
• Et Arzaana, le centre interdit. Là où les Ruines du Paradis reposent encore, cachées par une forêt qui rejette tout intrus. On y entre comme on entre dans une tombe.
«Yirga est un battement de cœur. Un équilibre fragile. Un abîme suspendu entre les pôles d’un monde en ruines.»

« Le futur n’est qu’un souvenir inversé, et déjà le mal rêvait sous les ruines du silence. »
Alors, seulement, vinrent les naissances.
Quelque part dans Yirga, à Wêndzanga, la haute-ville, au cœur des montagnes sacrées…
Un cri fébrile, presque étouffé, résonnait dans une modeste hutte faite de pierres noires et de lianes bénies. L’enfant ne pleurait pas. Il ne respirait presque plus. Sa peau, d’un bleu livide, semblait trahie par le souffle même de la vie. Ses os saillaient sous une chair presque translucide. Sa mère, accroupie, l’enveloppait dans ses bras tremblants. Son front contre celui de l’enfant, elle pleurait en silence, comme si élever la voix risquait d’achever ce qui restait de souffle en lui.
Autour d’elle, les sages chuchotaient. L’un d’eux, plus ancien, se pencha et posa ses doigts sur la poitrine à peine soulevée du nourrisson.
— Il ne passera pas la nuit… murmura-t-il, les yeux voilés par la résignation.
Le nom de l’enfant n’avait même pas encore été prononcé. Mais dans le village, tous savaient de qui il s’agissait : le fils d’Ouda-Nere.
Un silence s’installa, plus lourd que la mort.
Quand on convoqua Ouda, il ne répondit pas tout de suite. Il ne poussa pas de cri, ne fit pas de prière. Il entra dans la hutte comme une ombre qui se referme sur le destin. Il observa longuement l’enfant, et l’angoisse monta dans les regards de ceux qui l’entouraient. Sa peau, plus sombre que la nuit, reflétait une lumière qui n’existait pas.
Ouda-Nere était calme. Trop calme. Son calme terrifiait plus que mille hurlements.
Il s’agenouilla près de l’enfant, sortit une dague noire — une lame sans âge, transmise dans sa lignée depuis les pactes anciens. Il la planta dans sa propre main gauche. Son sang, rouge puis doré, coula sur le sol de terre battue. Il traça, avec lenteur, des symboles anciens qui se mirent à pulser d’une lueur incandescente.Des motifs que seul Maleck aurait reconnus – ou peut-être l’autre, celui dont Ouda portait les cicatrices oubliées.
— Tu vivras… murmura-t-il. Et je porterai ta souffrance.
Alors, le sang s’éleva dans l’air, comme aspiré par un souffle invisible. Les symboles brûlèrent le sol, une lumière sacrée s’écrasa sur le nourrisson.
L’enfant inspira.
Son cœur battit.
Et Ouda-Nere… s’effondra à genoux, blême. Plus faible qu’il ne l’avait jamais été.
Mais ce miracle avait un prix.
Un peu plus tôt, dans un lieu interdit à tous, une autre scène avait eu lieu…
Dans les profondeurs du sanctuaire d’ombres, Ouda avait consulté l’oracle. Une femme aux yeux pâles, presque translucides, entourée de totems anciens et d’objets de divination interdits. Elle était sa deuxième épouse, mais bien plus que cela. Elle était celle qui voit, celle dont le véritable nom, oublié de tous, était synonyme de Destin. Une jumelle de la redoutable Fataliee, même si nul ne soupçonnait encore leur lien.
— Tu l’as senti, n’est-ce pas ? dit-elle en traçant un cercle dans la poussière noire.
— Oui, murmura Ouda. Ils approchent.
Elle hocha la tête. Sa voix devint presque un chant.
— Les temps sombres sont là. Ce que nous avons fui… revient. Les anciens démons que nous avons repoussés ils gagnent en puissance. Les hommes se divisent. Les trahisons se multiplient. Les coups d’État secouent les alliances. Et pourtant... tu hésites.
Ouda ferma les yeux.
— Je n’ai pas été fait pour gouverner par la guerre. J’ai juré justice. J’ai juré équilibre.
L’oracle le fixa, glaciale.
— Tu es le seul à avoir vu la Chute. Le seul à avoir survécu à Maleck, le Dieu de l’Équilibre. Tu es porteur de son Contrat. Et Maleck dort… mais s’il se réveille, il ne pardonnera pas que tu perdes ton essence pour un simple enfant.
— Il n’est pas un simple enfant, répondit Ouda. C’est mon fils.
Elle se leva.
— Il sera le quatrième. Et c’est lui que je vois guider les peuples. Il sera le Symbole. Mais si son cœur s’égare, si son éducation échoue, l’Ombre gagnera. Et jamais les Dieux ne retourneront à Arzaana. Jamais l’Âge des Olympiens ne renaîtra.
Elle marqua une pause. Son regard devint noir.
— Et tu sais aussi bien que moi ce que cela signifie : la libération du mal ll’Inachevé, l’Esprit du Néant.
Quand Ouda sortit de la hutte de l’oracle, il n’était plus que silence. Il titubait, vidé, comme s’il avait absorbé le poids du destin lui-même. Il rejoignit la hutte du chef — la sienne — où sa première épouse avait donné naissance à l’enfant fragile.
Il a sauvé l’enfant.
Mais ce que nul n’avait vu, c’est que l’oracle le suivit.
Et, d’un ton dur, elle le réprimanda.
— Tu n’aurais pas dû. Ce que tu viens de faire va coûter au village. Chaque respiration qu’il prend maintenant t’affaiblit. Et s’il venait à se réveiller...
Ouda la coupa.
— Je le réglerai s’il le faut. Mais je ne pouvais pas le laisser mourir.
Il fit quelques pas, mais son corps le trahit. Il s’effondra, les yeux clos, la dague toujours en main.
L’oracle se pencha sur lui, et murmura :
— Tu sais qu’il n’appréciera pas. Et il est si facile à irriter…
Mais de qui parlaient-ils réellement ?
Un être si ancien que son nom ne se murmure qu’à travers des chants sacrés.
Un être capable de pulvériser les vaisseaux des Dieux eux-mêmes.
Un être… que seul Ouda pourrait peut-être arrêter. S’il vivait encore assez longtemps.

Dans un village voisin, une autre naissance.
L'enfant était fort. Bénéficiant d'une santé robuste. Mais... sans don.
Il restait souvent seul. Fixant l'ombre sur le mur.
Un jour, la mère l'entendit parler.
— Tu crois que je peux... ?
Silence.
— Mais si je tue quelqu'un, tu me donneras... tu m'as promis.
Elle entra, terrifiée. L'enfant tourna la tête et sourit.
— Maman... je parlais à mon ombre. Elle m'apprend des choses.

Dans un palais oublié de Zougrana, où l'or coulait plus vite que le sang, un roi hurla sa colère au ciel...
Sur un champ de guerre...
Le roi était couvert de sang. Il venait d'abattre un géant démoniaque lorsqu'on lui annonça :
— Majesté, la Reine a accouché.
Il accourut. Mais à son arrivée, les servantes fuyaient, et le silence était lourd.
L'Oracle était là.
— Sire, dit-elle d'une voix basse, votre fils est... vide.
— Vide ?
— Aucun don. Aucun feu. Aucune lueur divine.
Le roi hurla.
— Ce n'est pas mon fils ! Elle m'a trompé ! Qu'on enferme cette sorcière et son bâtard ! Et que ceux qui ont vu cela soient tués !
On enferma l'enfant et sa mère dans une tour oubliée, sans nom.
Le peuple crut à une fausse couche.

Ainsi naquirent trois enfants.
L'un était fragile, porteur d'un souffle emprunté.
L'autre était fort, mais habité d'une ombre.
Le dernier était vide, rejeté par le sang qui l'avait créé.
Leurs noms n'étaient pas encore chantés.
Mais le destin, lui, était déjà à l'œuvre.
« Le Verbe était, et dans son ombre germait déjà la guerre. »
Et quelque part, sous les ruines, Sen-Kema réveillait ses armées.
«Et dans un recoin du temps, qu’aucune horloge ne mesure, la vérité du Verbe s’embrasa. »

Sen-Kema s’approcha du fruit interdit, enchaîné, prisonnier d’un jugement sans appel.
Dans ses yeux brûlait une flamme, mais il ne priait pas pour sa vie.
— Pour ma femme, pour mes enfants... pas pour moi, murmura-t-il.
Il saisit le fruit.
Le fruit du savoir.
Du pouvoir.
Du destin.
D’un croc, il brisa la lumière.
L’exécution fut rapide.
Cruelle.
Mais la mort n’était qu’un passage.
Au fond des enfers, là où le feu dévore les cris,
Sen-Kema s’éveilla — fléau, colère, damnation.
Il broya tous les opposants,
éleva ses légions de morts-vivants,
la rage des abîmes incarnée.
Il revint parmi les vivants.
Portant la fureur des cieux déchus.
Il affronta les dieux au Paradis.
Fit tomber les cieux en ruine.
S’érigea en menace ultime pour l’humanité.
Son retour — le commencement de la fin.
Enfants assassinés, monde déchiré.
Choix impossibles.
Mort omniprésente.
Dieux oubliés.
Immortels divisés.
Guerre sans fin.
Les cavaliers noirs chevauchent,
porteurs des sept péchés capitaux.
Sen-Kema tourna son regard vers l’horizon des vivants,
et lança, voix sourde et glaciale :
— Tu crois vraiment pouvoir m’arrêter ?
Le silence se fit — lourd, suffocant, infini.
Dans une humble demeure, une âme s’éveilla en sursaut.
Ouda-Nere.
Les yeux grands ouverts, noyés de peur.
Était-ce un rêve ?
Un souvenir ?
Un avertissement ?
Venait-il du passé...
ou du futur ?

Fin du chapitre 1

Continuez avec : Chapitre 2 : Mériter son nom

Commentaires

2 commentaires
S
Sinalp 2 weeks, 4 days ago
Top déjà
G
geekdrasyll 2 weeks, 4 days ago
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